La construction des enceintes

Orléans

 

LA PREMIÈRE ENCEINTE

Au IVe siècle, Aurelianis se dote d’une première enceinte maçonnée dont la construction est sans doute liée à l’accession de la ville au rang de chef-lieu et à la présence d’un évêque.

L’enceinte, qui couvre alors 25 hectares, n’englobe pas la totalité du territoire urbain.

Durant le haut Moyen Âge, deux secteurs bâtis se constituent lentement, s’affranchissant de la limite de l’enceinte. La prédominance religieuse s’affirme à l’est du territoire où de nombreux établissements s’implantent à proximité de l’enceinte et le long des grands axes de communication.

À l’ouest, le bourg dunois (actuel quartier Saint-Paul) se densifie autour d’un secteur extra-muros plus commercial.

Au cours des XIIe et XIIIe siècles, la ville se tourne vers son fleuve de manière plus affirmée. Le Châtelet, résidence royale puis ducale, forme l’assise du pouvoir politique et administratif de la ville ; il s’élève en bord de Loire, au débouché nord du pont. Sous Philippe Auguste (1165-1223), l’édification de la Tour Neuve, puissante forteresse, renforce ce positionnement.

LES ACCRUES

Trois extensions de l’enceinte sont successivement construites.

La première enceinte, à l’ouest, englobe au XIVe siècle le bourg dunois. Elle assure la protection du port et du pont. La deuxième accrue, réalisée à l’est vers 1466-1480, est souhaitée par Louis XI pour protéger la collégiale Saint-Aignan et la basilique Saint-Euverte. Enfin, l’enceinte est agrandie à l’ouest et au nord-ouest, de 1486 à 1556. Les actuels boulevards, appelés « mails » par les Orléanais, en reprennent le tracé. La rive sud n’est protégée que par le fort des Tourelles.

La dernière accrue s’accompagne dès le XVe siècle d’une grande opération d’urbanisme. Une nouvelle trame urbaine est mise en place entre les anciens faubourgs des Carmes et Bannier : voies et îlots s’agencent selon un maillage orthogonal qui annonce la gestion rationnelle des villes aux siècles suivants. Dans les nouveaux quartiers enclos, des axes tels que les rues Notre-Dame-de-Recouvrance, de la Bretonnerie et d’Escures, attirent la construction d’hôtels particuliers, du XVIe au XIXe siècle.

 

Sources : Orléans Mairie – Service Ville d’art et d’histoire